“Le voyage des mots”
Malte Martin/agrafmobile, sérigraphie sur papier, 2018, 86x120cm
DU 11 JUILLET AU 21 SEPTEMBRE 2025
Série de 12 créations typographiques avec une présentation étymologique de chaque mot et de leur voyage avant d’arriver dans la langue française.
12 mots voyagent actuellement sur le territoire :
Tulipe / Camarade / Jungle / Pintade / Sentimental / Chocolat Cola / Zombie / Zéro / Baguette / Ketchup / Catamaran
Vous pouvez retrouver ces «Mots voyageurs» dans différents lieux de Morlaix, à La Virgule, dans les médiathèques (Les ailes du Temps, La Boissière, Le Roudour, Plougonven et Saint-Thégonnec) et les auberges de jeunesse du Finistère nord (Morlaix, Brest, Batz, Scrignac et le gîte du Cragou) et au café Marylène à Plougasnou. Carte interactive ICI 🙂
Ces sérigraphies font échos à l’exposition “Mots voyageurs” qui se déroule du 11 juillet au 21 septembre 2025 à la Manufacture des Tabacs à Morlaix :
• Espace d’exposition Les Moyens du Bord, Cour d’honneur, avec l’installation d’une partie de l’oeuvre “Tisser_Métisser” de Malte Martin/Agrafmobile et Structure Bâtons (oeuvre prêtée pour l’occasion par le FRAC Grand Large – Hauts-de-France).
• Galerie du Léon, où vous pouvez voir un grand collage réalisé par Hugo Soriso à partir de “Mots voyageurs” créés par les publics ayant participé.e.s aux ateliers “Maître·apprenant” et “Ça me scotch!”.
Le voyage des mots est un voyage linguistique permettant de découvrir les apports culturels à la langue commune et de célébrer son métissage. L’idée c’est de travailler sur les mots qui ont voyagé avant d’être considérés comme français, partagés par tous.
Frottements, rencontres et emprunts aux langues des autres constituent une partie du français savant ou de la rue. Comme des milliers de mots français d’usage courant venus d’ailleurs: élixir de l’arabe, moustique de l’espagnol, banane ou cola des langues africaines, jungle de l’hindi, catamaran du tamoule, ketchup du chinois… Il est question de mettre en espace dans l’agora ce patrimoine langagier porteur du “Tout-Monde” tel que le définit Edouard Glissant. Une manière de “tendre la main linguistiquement aux nouveaux arrivants”.
Malte Martin
Informations pratiques
Cour d’honneur de la Manufacture,
salle d’exposition de l’association
41, quai du Léon, 29600 Morlaix
Horaires : du mercredi au samedi de 14h à 18h
Galerie du Léon, Manufacture des Tabacs
ouverture permanente
Carte des lieux partenaires qui accueillent une sérigraphie de Malte Martin.
© Malte Martin pour les sérigraphies de la série « Mots voyageurs » – 2028
Sérigraphie du mot Pintade, au gîte Ostal, Le Cloître Saint-Thégonnec.
© Malte Martin pour les sérigraphies de la série « Mots voyageurs » – 2028
Sérigraphie du mot Sentimental, à la médiathèque Les Ailes du Temps à Morlaix.
© Malte Martin pour les sérigraphies de la série « Mots voyageurs » – 2028
Sérigraphie du mot Tulipe, à la médiathèque de Saint-Thégonnec.
© Malte Martin pour les sérigraphies de la série « Mots voyageurs » – 2028
À propos de Malte Martin
Malte Martin/Agrafmobile
Malte Martin est né en 1958 à Berlin. Il se forme aux Beaux-Arts de Stuttgart puis de Paris avant d’intégrer le collectif Grapus, groupement d’artistes cherchant à articuler recherche graphique et engagement politique, puis fonde son propre atelier en 1989. Parallèlement à son travail graphique, il crée en 1998 l’association Agrafmobile, espace d’expérimentation entre création visuelle et sonore, gestes et signes, conçu comme un « théâtre visuel itinérant pour investir l’espace urbain et les territoires du quotidien », et « une tentative de reconquérir l’espace public comme espace d’imagination appartenant à ceux qui y vivent ». Ses travaux ont vocation à construire un projet unique, en lien avec un lieu et ses habitants, avec respect et lisibilité, tels que « Mots publics » mené à partir de 2007 dans le quartier Saint-Blaise à Paris, ou encore « Faites la place » réalisé en 2016 autour de la rénovation de la Place des Fêtes. Malte Martin utilise une grande variété de supports : lettres, flyers, rubans, affichages, pochoirs, actions dans la rue…
De 2010 à 2013, il a été artiste associé aux ZAT ! (Zones Artistiques Temporaires) de Montpellier. Il est par ailleurs à l’initiative de la création d’une plate-forme de « design social » en ligne.
« Mon envie, c’est de recréer par ce théâtre visuel un espace public qui donne à voir et à lire autre chose que des signes administratifs et des messages commerciaux. Une tentative de reconquérir l’espace public comme un espace d’imagination appartenant à ceux qui y vivent. »
« Si l’on mettait la ville sous perfusion permanente d’Agrafmobile…
…on reviendrait de chez le boucher en lisant les citations de Jacques Rebotier, André Breton ou autres écrivains inspirés par nos quartiers, imprimées sur les papiers d’emballage. On offrirait à nos amis des fleurs enveloppées dans des messages d’anonymes à caractère poétique. Piéton, on lèverait le nez, automobiliste, on ralentirait, pour déchiffrer des panneaux de voirie alternatifs s’enquérant de notre moral (« comment ça va? »), réglant tous nos problèmes d’orientation (« ici, tu es nulle part précisément »), ou nous posant des questions existentielles (« avez-vous un ailleurs? »). On tendrait régulièrement la main pour attraper au vol des mots de Victor Hugo, Raymond Queneau, Jacques Audiard et consorts sur particules papiers tombées du haut des toits en pluies littéraires. On déambulerait dans des jardins d’images ou de sculptures typographiques, du type qui laissent échapper des sons et des histoires vidéo-phoniques quand on les frôle… Inutile de nous soupçonner de délire caractérisé. Des quartiers de Paris ou Pantin, Chaumont ou Chalon, ont été le théâtre visuel de scènes similaires, quand Malte Martin, obstiné « scéno-graphiste », a pu s’en emparer. Animé par l’idée d’arracher l’espace public à sa perte d’imagination, il recueille nos pensées et celles des écriveurs consacrés, comme autant de contre-offensives à l’invasion du signe publicitaire ou réglementaire. Histoire de rendre à la rue, biotope naturel de son art, la vocation d’Agora qu’elle n’aurait jamais dû quitter. »
Cathy Blisson
