DU 24 AU 28 SEPTEMBRE 2025
Veillée le 25 septembre
Cette année, les deux artistes du collectif Bouillons ont entamé un dialogue avec une habitante bien connue des jardins : l’ortie. Après une première semaine de recherche et plusieurs ateliers de pratique artistique avec les jeunes de l’IME de Trevidy au printemps 2025, elles continuent d’explorer par le geste tout au long de l’été. À travers leur regard d’artisanes et d’artistes, elles souhaitent donner à voir plus loin et au-delà de “la mauvaise herbe”.
Les Jardins de la Manufactures
Au bout de la galerie du Léon
29 600 Morlaix
–> Restitution du projet du mercredi 24 au dimanche 28 septembre de 13h à 19h (dernière entrée) – Gratuit en accès libre
–> Veillée au jardin jeudi 25 septembre. Balade gratuite sur inscription, places limitées. Trois séances : 20h45, 21h15, 22h
Infos et réservations : mediation@lesmoyensdubord.fr // 06 78 04 27 59
Visuel © Défibrage des orties après rouissage
crédit photographique : Collectif Bouillons
NOS TEMPS LUCIOLES
L’ortie, plante commune de nos paysages, est souvent peu estimée du fait qu’elle soit urticante et considérée comme “invasive”. Elle contient pourtant de longues et solides fibres qui ont été utilisées dans le passé pour la fabrication de textiles, cordages, et papiers. On dit d’elle qu’elle fut si importante aux êtres vivants, qu’elle dut se parer de piquant pour ne pas disparaître.
Notre regard d’artisanes et artistes se tourne vers les matières communes et abondantes faisant partie de nos paysages, pour les transformer dans nos bouillons et tressages. Travailler l’ortie mène à voir au-delà de “la mauvaise herbe”, pour celle qui ne fut jamais industrialisée, par son temps de transformation trop long.
Le temps est justement ce compagnon de travail que nous aimons courber et épaissir entre nos gestes. Extraire les fibres de l’ortie, c’est faire preuve de patience, répéter des mêmes gestes, dans un processus collectif qui se déroule sur des temporalités très longues. Ces moments sont autant d’occasions d’inviter l’esprit à vagabonder et digresser à l’orée de nos imaginaires : c’est dans cet espace que naissent des histoires, des rêves partagés, rassemblé.e.s autour de gestes manuels, à l’image des veillées d’antan.
Ce sont des gestes qui demandent d’être à contretemps des incitations actuelles à la rentabilité et la vitesse, et inviter d’autres à nous rejoindre dans cette forme de création et réflexion qui suit les saisons, et une manière de faire ensemble.
Une veillée au jardin le 25 septembre
La résidence de recherche et création a été menée aux jardins de la Manufacture et dans notre atelier, sur invitation de l’artiste-jardinier Tiphaine Hameau. Pendant plusieurs semaines, au fil des saisons, nous avons récolté et transformé les orties de deux printemps pour créer des lanternes en feuilles et cordelettes d’orties.
Par ces lanternes, que nous appelons des lucioles, nous souhaitons parler des gestes quotidiens qui prennent soin et qui créent, qui tissent nos histoires humaines à l’ombre des grands récits. Ces lucioles sont un clin d’œil à celles racontées par Pasolini, lueurs survivantes des résistances face aux puissants faisceaux du pouvoir.
Nous vous invitons à suivre ces lucioles parsemées dans le jardin, pour une veillée de mots bruissants s’animant lorsque la nuit borde le jour. Lorsque entre chien et loup, la grande lumière faiblit et où luisent alors les petites lueurs, lucciole, qui chantent des lieux secrets, des personnes faiseuses et empreintes de poésie, des histoires chuchotées ou encore des souvenirs précieux, racontés sur le chemin.
Laura Conill & Morgane Lozahic
Visuel © Cordelette d’orties en cours de fabrication
crédit photographique : Collectif Bouillons
Visuel © Préparation de la lessive de cendres pour laver les fibres d’orties
crédit photographique : Collectif Bouillons
LAURA CONILL
«Artiste-designeuse, je mélange l’artisanat papetier et un esprit low-tech dans mon processus de création, de questionnement et d’action au monde. Je travaille avec les matières autour de moi, créant fibres, couleurs et machines-outils, qui parlent de nos manières de sentir nos territoires. Je tisse avec les personnes croisées des toiles de projets collectifs et sensibles, aux différents savoirs-faire et histoires. Mon point d’ancrage et atelier se situe à Morlaix, en Bretagne.»
MORGANE LOZAHIC
«Mon chemin d’artisane et poétière se dessine au fur et à mesure de rencontres, de façonnages avançant avec lenteur en lisière des sentiers battus. Le long de ces chemins, je récolte des argiles, des minéraux, des cendres, des fibres, des mémoires. Puis dans mon atelier ou ailleurs, dans l’épaisseur du temps, avec mes mains et parfois d’autres, je transforme ces matières de rencontre en des objets-espaces, des contenants destinés à accueillir des nourritures quotidiennes et des individualités reliées par un désir de perler nos jours avec les matières du monde.»